En Islande, la nuit ne se choisit pas n'importe où. Le camping sauvage est interdit pour tout le monde, mais le pays compte plus de 170 campings, et une nuit y reste l'option la moins chère pour dormir sur l'île, bien avant la guesthouse ou l'hôtel.
Que tu voyages en van, en tente ou en voiture avec une tente de toit, ce guide réunit tout ce qu'il te faut : les règles à connaître avant de partir, comment ça change selon la saison, la rentabilité de la Camping Card, et mes campings coup de cœur d'un bout à l'autre du pays.
Peut-on camper n'importe où en Islande ?
Non. Depuis 2015, le camping sauvage est interdit en Islande pour tout véhicule : van, 4x4, voiture avec tente de toit. La règle est la même partout sur l'île, sans exception liée au type de véhicule.
La seule exception concerne les randonneurs à pied dans les hautes terres : si un refuge est hors d'atteinte en fin de journée, planter la tente pour une seule nuit reste toléré, en dehors des terres privées et des zones protégées. Ce guide ne couvre pas le camping spécifique aux hautes terres (comme le trek du Landmannalaugar) : ces zones s'adressent à un public averti et demandent de réserver les refuges très en avance.
Avec plus de 170 campings dans le pays, la contrainte reste légère. Reste vigilant dans certaines zones où l'offre est plus fine : à Vík, par exemple, il n'existe qu'un seul camping, ce qui peut se tendre en plein été.
Où dormir n'est qu'une des règles de terrain : il y a aussi les déchets, la mousse, la distance à la faune. La charte du voyageur les reprend en 25 situations concrètes, chacune sourcée sur les textes islandais et sur Safetravel.
Comment ça marche : paiement, réservation, ouverture
Le paiement se fait par carte ou en espèces directement auprès du propriétaire, avec un terminal de paiement sur place. L'encaissement a lieu en général le matin ou le soir, la carte restant le moyen le plus utilisé.
La réservation n'est pas la norme : la règle, c'est premier arrivé, premier servi, pour garder une totale liberté de mouvement face à la météo. Quelques exceptions existent en plein été : Þórsmörk, Landmannalaugar et les sites les plus courus peuvent se remplir en août, mieux vaut vérifier sur place ou sur tjalda.is si tu changes de plan à la dernière minute.
L'ouverture reste très saisonnière : la plupart des campings n'ouvrent que de mai à septembre, avec des services réduits en hiver à cause du gel. Seule une petite partie du réseau, environ 20 %, surtout le long de la route 1 et près des grandes villes, reste ouverte toute l'année avec douches chauffées.
Le budget moyen d'une nuit tourne autour de 1 500 à 2 500 ISK par personne (environ 10 à 17 €), tarifs relevés en janvier 2026. Vérifie-les avant de partir : ils évoluent d'un camping à l'autre et d'une saison à l'autre.
Camper selon la saison : van ou tente ?
Tendances observées, relevées en janvier 2026 : vérifie toujours les dates réelles d'ouverture sur tjalda.is avant de partir. Pour le reste du calendrier islandais, ouverture des pistes, durée du jour, saison des macareux, [le calendrier saison par saison](/quand-partir) réunit les dates.
| Van | Tente | Disponibilité | |
|---|---|---|---|
| Printemps | Bonne période. Les nuits restent froides mais le confort reste assuré. | Période charnière. Possible, mais les sols sont souvent humides et les nuits proches de 0 °C. | Réouverture progressive des terrains, dates variables (souvent mi-mai). |
| Été | Période idéale. Les conditions sont les plus douces de l'année pour y dormir. | Période idéale. C'est le moment le plus favorable pour le camping sous toile. | Totalité des campings ouverts, services complets (douches, cuisines) accessibles. |
| Automne | Période possible. Le confort diminue avec l'arrivée du vent, de la pluie et de la neige en novembre. | Période délicate. Les conditions humides et venteuses peuvent refroidir certains campeurs. | Fermeture majoritaire mi-septembre, réseau restreint en fin de saison. |
| Hiver | Période possible. Conditions hivernales : chauffage et duvet fortement recommandés. | Période extrême. Conditions très rudes (sols gelés, tempêtes), compliqué voire impossible pour le tourisme classique. | Sélection très réduite (environ 20 à 30 campings ouverts), services limités (eau souvent coupée). |
Un masque de nuit est presque indispensable si tu voyages entre juin et août : l'obscurité totale est difficile à atteindre en van comme sous tente, et la lumière continue peut perturber ton sommeil sans y être préparé.
La Camping Card est-elle rentable ?
La Camping Card (Útilegukortið) coûte environ 179 € (26 000 ISK) et donne accès à 28 nuitées pour 2 adultes et jusqu'à 4 enfants, dans une quarantaine de campings partenaires. Tarif relevé en janvier 2026.
Elle devient avantageuse à partir de la 10e nuit effective (environ 3 000 ISK la nuit ensuite), mais n'inclut ni la taxe de séjour (400 ISK par nuit), ni l'électricité, ni les douches.
Elle est surtout intéressante pour un tour de l'île de plus de 10 jours avec une bonne planification d'itinéraire. Pour un voyage plus court ou plus improvisé, le paiement à l'unité laisse plus de liberté.
Douches, cuisines, électricité : ce qu'il faut savoir
Les douches : l'accès aux sanitaires de base est inclus dans le prix de la nuit, mais une douche chaude coûte en général environ 500 ISK pour 5 minutes. Garde toujours quelques pièces de 100 ISK sur toi.
Les piscines : en cas de douche trop spartiate, une piscine municipale à proximité reste une bonne alternative pour une eau chauffée et une douche illimitée, compte environ 1 200 ISK l'entrée.
Les cuisines : la plupart des campings proposent un espace commun ou un abri pour cuisiner à l'abri du vent. Par mauvais temps, ces espaces peuvent vite être bondés.
Les lessives : les machines à laver et sèche-linge restent plus rares. Si c'est important pour toi, oriente tes recherches de camping en fonction des équipements disponibles.
Les déchets : le tri est obligatoire. Si le camping est isolé, garde tes déchets jusqu'à la prochaine ville : aucun dépôt sauvage, jamais.
L'électricité : la majorité des campings proposent des emplacements avec électricité via des prises européennes bleues, mais la disponibilité varie d'un site à l'autre.
Attention au dégel : un camping affiché fermé n'est pas toujours inaccessible, un appel au propriétaire suffit parfois. Vérifie surtout la stabilité du sol avant de t'installer : avec le dégel, le terrain devient spongieux et l'embourbement arrive vite.
Des sanitaires parfois spartiates : le confort est inégal d'un camping à l'autre. Certains spots très fréquentés, comme celui de Skógafoss, proposent des installations basiques malgré l'affluence, mais se réveiller face à la cascade fait vite oublier ce détail.
Le bon plan literie en van : les kits literie proposés par les loueurs pèsent souvent lourd sur le budget. Passe plutôt chez IKEA en arrivant, c'est nettement moins cher, et tu pourras redonner l'équipement à la Croix-Rouge islandaise avant ton départ.
Mes campings coups de cœur
Cinq campings qui sont restés en mémoire après plusieurs voyages, du Sud aux Vestfirðir.
Skaftafell (Sud) : mon préféré, le cadre est magnifique. Posé dans le parc national du Vatnajökull, c'est aussi le point de départ pratique pour les randonnées jusqu'à Svartifoss ou sur le glacier.
Vestmannaeyjar (Îles Vestmann, Sud) : un cadre à part, niché dans le cratère verdoyant d'Herjólfsdalur sur l'île de Heimaey, à quelques minutes du village.
Fossárdalur (Fjord de l'Est, près de Djúpivogur) : un cadre très paisible, avec une cascade à proximité immédiate du terrain.
Sæberg (Nord, Hrútafjörður) : un petit camping avec piscine chauffée et une jolie vue sur le fjord, une bonne étape entre Reykjavík et Akureyri.
Melanes (Fjord de l'Ouest, Rauðasandur) : une route qui se mérite le long des Vestfirðir, mais juste à côté d'une plage de sable doré peu banale en Islande.
La carte des campings
Mes coups de cœur, et la quasi-totalité des campings référencés sur Tjalda.is, le site officiel (relevé en août 2026). Les campings des hautes terres ont leur propre filtre : ils ferment tout l'hiver et la plupart ne s'atteignent qu'en 4x4, par des pistes F qui comportent souvent des gués. N'y va pas en voiture de tourisme. Les tarifs, eux, datent de la saison 2025 et ne sont donnés qu'à titre indicatif. Vérifie toujours l'ouverture et le prix sur tjalda.is avant de partir : les dates comme les tarifs bougent chaque saison.
191 campings sur 191
Où trouver et réserver un camping ?
Trois façons de trouver un camping : une recherche Google Maps avec les mots « Camping », « Camp site » ou « Tjaldstæðið » (le mot islandais) ; l'application PARKA, qui n'a pas la liste exhaustive mais permet de payer directement les campings partenaires depuis l'app ; ou un site de réservation comme Booking, rarement nécessaire puisqu'il n'est pas obligatoire de réserver un camping en Islande.
Tjalda.is (le site officiel) reste la référence absolue : il recense la quasi-totalité des campings du pays, leurs dates d'ouverture été/hiver et les services disponibles sur chaque site.
Útilegukortið.is est le site où acheter la Camping Card présentée plus haut, si tu pars longtemps en été.
Parka.is, au-delà des parkings, permet aussi de réserver et payer certains campings à l'avance, pratique pour des sites très demandés comme Skaftafell.
Pour l'équipement, Ellingsen (magasin outdoor) et Iceland Camping Equipment Rental (location) dépannent sur place. Et pense à la Croix-Rouge islandaise si tu veux donner ta literie achetée chez IKEA avant de repartir : les conteneurs de dépôt se trouvent derrière le bâtiment.
La fiche gratuite avec les règles, le budget moyen et mes campings coup de cœur en un coup d'œil, à garder sous la main pendant ton voyage.
À lire aussi
Questions fréquentes
LOGEMENT· ÉTÉLe camping sauvage est-il autorisé en Islande ?
Le camping sauvage est-il autorisé en Islande ?
Non pour tout véhicule (van, 4x4, tente de toit) : nuit obligatoire en camping officiel, partout. La tente portée en randonnée reste tolérée une nuit loin de tout, hors terres privées et zones protégées, mais la règle simple, c'est : campings.
La loi a changé en 2015 après des années d'abus. Les amendes tombent réellement, surtout sur la côte Sud. Avec 170+ campings dans le pays, souvent superbes et à 10–15 € par personne, la contrainte est légère.
Beaucoup ferment d'octobre à mai. Seuls environ 20 % des campings, surtout le long de la route 1 et près des grandes villes, restent ouverts toute l'année avec douches chauffées. Vérifie sur tjalda.is avant de planifier un road trip hivernal en van.
LOGEMENT· ÉTÉFaut-il réserver les campings ?
Faut-il réserver les campings ?
Non dans l'immense majorité des cas : on arrive, on s'installe, on paie à l'accueil ou via l'appli Parka. Seules exceptions : Þórsmörk, Landmannalaugar et les campings de sites très courus en plein août.
C'est la grande souplesse du voyage en van : tu décides à 17 h où tu dors. La carte camping (Campingcard / Útilegukortið) donne un accès illimité à un réseau d'environ 40 campings partenaires pour deux adultes et jusqu'à quatre enfants.
Services habituels : douches (parfois payantes, autour de 500 ISK), cuisine commune, machine à laver. Le niveau varie du champ avec un robinet au petit resort : tjalda.is donne le détail.
LOGEMENTQuel budget prévoir pour se loger ?
Quel budget prévoir pour se loger ?
En été : 90–150 € la double en guesthouse, 150–250 € à l'hôtel, 20–30 € l'emplacement camping pour deux. L'hiver baisse de 30–40 % hors Reykjavík. Les dortoirs d'auberge tournent à 35–50 € le lit.
La salle de bain partagée est la norme en guesthouse, c'est propre, ce n'est pas un piège. La demi-pension vaut souvent le coup dans les coins isolés où le seul restaurant est celui de l'hôtel.
Astuce : les hébergements avec cuisine commune (guesthouses, auberges, cottages) divisent ton budget nourriture par deux.
LOGEMENTVan aménagé ou voiture + guesthouses ?
Van aménagé ou voiture + guesthouses ?
Le van gagne en liberté et souvent en budget l'été ; la voiture + guesthouse gagne en confort, en sommeil et en hiver. Mai à septembre : van sans hésiter si tu aimes ça. Novembre à mars : guesthouses, sauf si tu es du genre très endurci.
Fais le vrai calcul : van 130–200 €/jour l'été contre voiture 60–90 € + logement 100–140 €. L'écart est plus mince qu'on croit. La liberté de t'arrêter où tu veux, elle, n'a pas d'équivalent.
Points faibles du van : le vent qui secoue la nuit, la condensation, et l'obligation de camping officiel qui limite le fantasme du « je dors face à la cascade ».
LOGEMENTC'est quoi exactement, une guesthouse islandaise ?
C'est quoi exactement, une guesthouse islandaise ?
Une maison d'hôtes simple, souvent familiale : chambre privée, salle de bain généralement partagée, cuisine commune, et un petit-déjeuner qui vaut souvent le détour. C'est le cœur de l'hospitalité islandaise, entre l'hôtel et le chez-l'habitant.
Beaucoup sont des fermes en activité (cherche « farm stay ») : réveil au milieu des chevaux, agneau de la maison au dîner, propriétaires qui connaissent chaque recoin de leur vallée.
On se déchausse en entrant, partout, toujours. C'est la première règle de politesse islandaise.
Plus de questions ?
Cette sélection ne couvre pas tout : budget, conduite, logement et bien d'autres sujets t'attendent sur la FAQ complète.