Guide pratique

Les assurances de location de voiture en Islande : le guide complet

CDW, SCDW, gravier, sable et rivières : ce que chaque protection couvre vraiment, et ce qu'aucune ne couvre jamais.

10 min de lecture·Août 2026·Par Thibaut
Photo : Tabea Schimpf / Unsplash

C'est probablement la partie la plus difficile à comparer d'une location en Islande. Le vocabulaire se ressemble d'un loueur à l'autre (CDW, SCDW, GP, SAAP, TP...), mais les garanties, les franchises et les exclusions ne sont pas nécessairement identiques. Une assurance peut sembler très complète tout en laissant plusieurs risques importants à la charge du conducteur.

Ce guide t'explique ce que couvre chaque type de protection, les exclusions à vérifier absolument avant de signer, et comment choisir entre l'assurance du loueur et une assurance externe. Pour le choix du véhicule et du loueur lui-même, direction mon guide sur la location de voiture en Islande.

La règle la plus importante de ce guide

Les noms d'assurances, leurs franchises et leurs exclusions varient selon les loueurs : les sigles CDW, SCDW, GP, SAAP ou TP ne doivent jamais être interprétés sans lire les conditions générales du contrat concerné. Les exemples chiffrés ci-dessous viennent d'un loueur précis (Blue Car Rental, conditions consultées en août 2026) : ils servent à comprendre les mécanismes, pas à prédire ce que proposera un autre loueur.

CDW : la base, jamais la couverture totale

La CDW (Collision Damage Waiver) limite ta responsabilité financière en cas de dommage couvert au véhicule. Elle est généralement incluse dans la location, mais avec une franchise (le montant qui reste à ta charge même si le dommage est couvert) : elle ne veut pas dire que tous les dégâts sont couverts.

Selon les contrats, peuvent notamment être exclus de la CDW : les pneus, le dessous du véhicule, les dommages liés à l'eau (dont les traversées de rivière), certains dommages causés par le vent, la conduite hors route, la conduite sur des routes interdites, et certains dommages liés au sable et aux cendres.

SCDW et rachat de franchise : moins cher à réparer, pas moins d'exclusions

La SCDW (Super Collision Damage Waiver) ou un rachat de franchise équivalent réduit fortement, parfois jusqu'à zéro, la franchise restante de la CDW. Ce n'est pas une assurance « tous risques » : certaines exclusions restent valables (dommage intentionnel, négligence, conduite dans une zone ou sur une route interdite).

C'est précisément pour cette raison qu'il faut lire la rubrique des exclusions du contrat plutôt que choisir l'option qui affiche simplement la franchise la plus basse.

Les protections en un coup d'œil

Exemple chiffré chez un loueur (Blue Car Rental, conditions relevées en août 2026) : sert à comprendre les mécanismes, vérifie toujours les montants réels du contrat que tu signes.

Ce qu'elle couvreFranchise / coût indicatifÀ vérifier absolument
CDWDommages de collision de base, incluse dans la locationFranchise variable, ex. 90 000 ISK (2WD) / 120 000 ISK (4x4, van)Exclut pneus, dessous du véhicule, eau/rivières, vent (portière), sable/cendres
SCDW / rachat de franchiseRéduit la franchise de la CDW, parfois jusqu'à 0 ISKEx. 4 200–5 800 ISK/jour selon la taille du véhiculeLes exclusions de la CDW restent valables : dommage intentionnel, négligence, conduite interdite
GP : Gravel ProtectionImpacts de gravier : pare-brise, phares, rétroviseurs, carrosserieFranchise réduite pour les pièces vitrées, ex. 20 000 ISKLe niveau de couverture des pièces (pare-chocs, capot) varie d'un loueur à l'autre
SAAP : Sand and Ash ProtectionTempêtes de sable et de cendres, risque concentré dans le SudEx. 1 650 ISK/jour, ramène la franchise à 90 000 ISK sur un sinistre qui coûte typiquement 500 000–1 500 000 ISKSans elle, ce type de dommage est exclu des protections classiques chez la plupart des loueurs
TP : Theft ProtectionVol du véhiculeSouvent incluse, sans franchiseNe couvre pas les objets personnels laissés à l'intérieur
Le gravier reste le sinistre le plus fréquent

Les projections de gravier sont considérées comme le sinistre n°1 en Islande, avant même les tempêtes de sable. Le risque augmente sur les routes en gravier, quand plusieurs véhicules se suivent de trop près, ou quand un véhicule arrive en sens inverse sur une route étroite : garde tes distances et ralentis dès que le goudron laisse place au gravier.

Une route signalée fermée reste fermée, même si elle semble praticable : les panneaux d'avertissement islandais ne sont pas décoratifs.
Photo : Marco De Gregorio / Unsplash
Les exclusions universelles, quel que soit le loueur
  • Rivières et gués : les dommages causés au véhicule pendant une traversée de rivière ne sont couverts par aucune assurance classique, quel que soit le loueur.
  • Dessous du véhicule : une pierre ou un obstacle peut l'endommager sans que ce soit assimilé à un accident couvert par la CDW.
  • Pneus et jantes : souvent exclus par défaut, certains loueurs proposent une protection spécifique à part.
  • Portière poussée par le vent : les rafales islandaises sont assez fortes pour arracher une portière mal tenue, un dommage qui reste hors garantie et peut coûter 500 à 900 €. Tiens toujours la portière à deux mains face au vent.
  • Conduite hors route : strictement interdite en Islande, ce n'est jamais une question d'assurance mais d'infraction.
  • Route fermée ou interdite : même un véhicule techniquement capable de passer ne doit pas emprunter une route signalée comme fermée.
  • Conduite sous influence : la limite légale est très basse en Islande (0,2 ‰ depuis 2019), et les dommages liés à l'alcool ou aux substances interdites sont exclus des contrats.

Assurance du loueur ou assurance externe ?

Les protections du loueur ont un avantage clair : le dossier se gère directement avec lui, le fonctionnement en cas de dommage est généralement plus simple, et la franchise peut être fortement réduite pour des risques spécifiques à l'Islande. L'inconvénient, c'est le prix, qui grimpe vite quand plusieurs protections s'ajoutent.

Une assurance externe (assurance voyage ou carte bancaire) peut rembourser tout ou partie de la franchise, mais vérifie ses conditions avant de refuser une protection du loueur : l'Islande est-elle explicitement couverte, quel type de véhicule est concerné (un 4x4 ou un véhicule haut de gamme est parfois exclu), les routes F sont-elles couvertes ou non, gravier et sable sont-ils inclus, quel est le montant maximal remboursé et la procédure de remboursement.

Une assurance externe qui rembourse une franchise n'est pas nécessairement équivalente à une protection proposée directement par le loueur : elle intervient après coup, sur justificatif, pas au comptoir.

Attention aux assurances de carte bancaire

Une carte bancaire peut inclure une assurance location de voiture, mais « ma carte couvre les voitures de location » n'est pas la bonne question. La vraie question, c'est : que couvre-t-elle réellement pour le véhicule que tu vas louer en Islande, avec quelles exclusions, pour quelle durée maximale, et pour quel type de véhicule.

Cela dépend du type de carte, de l'émetteur, du véhicule loué et de la durée de la location. Un 4x4 ou un véhicule haut de gamme peut notamment être soumis à des limites ou des exclusions spécifiques dans certaines assurances de carte bancaire.

Les erreurs les plus fréquentes
  • Penser que la CDW couvre tous les dommages : les exclusions restent importantes.
  • Penser que la SCDW veut dire « zéro risque » : une franchise plus faible ne veut pas dire que tout est couvert.
  • Oublier les pneus et le dessous de caisse, souvent traités à part du reste de la couverture.
  • Oublier le sable et les cendres, un risque exclu des couvertures classiques.
  • Ne pas vérifier sa carte bancaire avant de réserver : le problème apparaît parfois seulement au comptoir.

L'état des lieux : ta première vraie protection

Avant de quitter l'agence, fais un tour complet du véhicule et prends des photos, idéalement une courte vidéo : avant, arrière, côtés, pare-brise, rétroviseurs, jantes, pneus, toit si possible, intérieur, tableau de bord, niveau de carburant et kilométrage. Insiste sur les dommages déjà présents.

Les photos ne remplacent pas le contrat ou l'état des lieux signé, mais elles restent la preuve la plus utile de l'état du véhicule au départ. Fais la même chose au retour, surtout si la restitution se fait sans personnel sur place, avant de déposer les clés.

À lire aussi

Questions fréquentes

ROUTE

Quelles assurances prendre pour la location ?

EN 5 SECONDES

Prends au minimum la Gravel Protection (GP) : les impacts de gravier sont le sinistre n°1 en Islande. La SAAP (tempête de sable) vaut le coup sur la côte Sud. Aucune assurance ne couvre les gués ni le dessous du véhicule.

La CDW de base est incluse mais laisse une franchise énorme (souvent 2 000–3 500 €). GP + réduction de franchise, c'est ce que je prends systématiquement. Vérifie si ta carte bancaire premium couvre déjà une partie.

Retiens les deux exclusions universelles : dégâts en traversée de rivière et dégâts sous le châssis. Photographie le véhicule sous tous les angles à la prise et au retour.

ROUTE· ÉTÉ

Peut-on traverser les rivières à gué ?

EN 5 SECONDES

Uniquement en vrai 4x4, uniquement après avoir évalué le gué à pied ou observé un autre véhicule, et jamais si l'eau dépasse le haut des roues. Aucune assurance ne couvre un moteur noyé : la facture, c'est le véhicule entier.

Les rivières glaciaires montent au fil de la journée (fonte) et après la pluie : un gué facile à 9 h peut être infranchissable à 17 h. Traverse au point le plus large (donc le moins profond), en première courte, lentement, sans jamais t'arrêter.

Dans le doute, attends un autre véhicule et regarde. Les gués sérieux (F26, F210, F249) ne sont pas des endroits pour improviser seul.

MÉTÉO

Le vent islandais, c'est vraiment si sérieux ?

EN 5 SECONDES

Oui. C'est le premier danger du pays, avant le froid, les volcans et tout le reste. Des rafales à 100–150 km/h arrivent chaque hiver, arrachent les portières de voiture et couchent les randonneurs.

La règle des portières : tiens-les à deux mains face au vent. Une portière pliée par une rafale n'est couverte par aucune assurance et coûte 500–900 €.

vedur.is affiche le vent en m/s : 15 m/s (54 km/h), la marche devient pénible ; 20 m/s (72 km/h), on annule la randonnée ; 25 m/s et plus, on ne prend pas la route. Apprends ces trois seuils.

SOURCES

Donnée susceptible d’évoluer, vérifiée en septembre 2026.

SÉCURITÉ· HIVER

Que faire quand une tempête est annoncée ?

EN 5 SECONDES

On ne négocie pas avec une alerte orange ou rouge : tu restes où tu es, tu décales ton programme, tu préviens ton hébergement suivant. Les Islandais annulent tout ces jours-là, fais comme eux, l'île t'attendra demain.

Construis ton itinéraire d'hiver avec une journée tampon tous les 4–5 jours : c'est elle qui absorbe la tempête sans faire s'effondrer le programme. Les hébergeurs islandais ont l'habitude et déplacent les réservations sans drame.

Si la tempête te surprend en route : réduis ta vitesse, phares allumés, et vise la prochaine station-service ou ville, pas l'hébergement à 100 km. En dernier recours, on s'arrête sur une aire, moteur tournant, et on attend.

SOURCES

Donnée susceptible d’évoluer, vérifiée en septembre 2026.

ROUTE· HIVER

Conduire en Islande en hiver, c'est dangereux ?

EN 5 SECONDES

C'est exigeant plus que dangereux, à condition de respecter trois règles : consulter road.is et vedur.is chaque matin, ne jamais forcer quand une route est marquée fermée, et diviser tes ambitions kilométriques par deux.

Les véhicules de location sont équipés de pneus hiver, souvent cloutés, de novembre à mi-avril. Le vrai danger n'est pas la neige, c'est le vent latéral et la glace noire, invisible surtout sur les ponts.

Planifie 150–200 km par jour maximum en hiver, et roule pendant les heures de lumière. Si les Islandais ne roulent pas, ne roule pas.

SOURCES

Donnée susceptible d’évoluer, vérifiée en septembre 2026.

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